23 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

Transmettre

Quand on parle de transmission  la plus-part des gens entendent transmission d’un bien ou d’argent. On pense au testament, à l’héritage, rarement à l’immatériel, au culturel.

Nous sommes pourtant à une période où le mot même de liberté est mal compris et où, sous prétexte de liberté, nombreux sont ceux qui refusent toute autorité, toute contrainte. Le célèbre slogan   »Ni Dieu Ni Maître » n’a jamais été autant d’actualité.

Quel rapport avec la transmission me direz vous?

Regardons d’abord ce que vivent ceux qui sont chargés de transmettre. Les professeurs sont contestés par les élèves,  les parents ne sont plus respectés par leurs enfants et d’ailleurs ils ne savent plus se faire respecter, les employeurs sont accusés d’être des voyous par les syndicats et les politiques, une seule voix s’ouvre aux artistes, celle de la transgression et le Pape, le Christ ou Mahomet sont les cibles chéries de Charlie Hebdo.

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Qu’en pensent ceux qui estiment que leur liberté passe par le rejet de toute autorité?

« L’homme moderne a trouvé son ennemi: la transmission, la tradition (qui vient du latin tradere qui signifie » transmettre »). Pour retrouver la pureté et la solidité de son jugement il pense qu’il faut qu’il se délivre de la culture. »[1]

Devoir apprendre, être fidèle, avoir la Foi, connaitre et respecter le beau, le bien et le bon est devenu pour beaucoup une contrainte intolérable, quant aux règles de politesse et de vie en société elles sont une atteinte à la liberté individuelle. Je suis libre donc je fais ce que je veux, je découvre par moi même et je ne dois rien à personne; c’est ma vie. Et si ça me mène à une impasse c’est à l’Etat de m’en sortir,( ce qui est quand même un comble pour un vrai Libertaire!).

Et puis à quoi servirait d’apprendre quand tout se trouve sur Internet; juste besoin de cliquer, copier, coller.

Comme je n’ai pas appris, comme j’ai refusé les maîtres et ce qu’ils voulaient me transmettre, mon vocabulaire est pauvre (300 à 500 mots maxi sont utilisés par les politiques ou au journal télévisé), j’ai du mal à saisir les concepts, à exprimer mes sentiments, à comprendre les nuances. Je suis donc sur la défensive et passe facilement à l’injure, l’outrance, l’agression verbale voire physique. Les comportements de syndicalistes à Air France, les violences conjugales ou la fréquence des divorces chez les générations post 68 sont de bons exemples des conséquences de cette difficulté à communiquer.

Pour me rassurer j’adopte un comportement moutonnier car faire, dire ou penser comme les autres me rassure.

Bien entendu, puisque j’ai refusé de recevoir, je suis incapable de transmettre à mon tour et le risque de passage de la culture à l’inculture prend de l’ampleur au fur et à mesure que le processus se répète de génération et génération.

Je suis encouragé dans ma dérive libertaire par quelques esprits forts qui oublient d’où leur vient la liberté dont ils bénéficient aujourd’hui et qui ont l’air d’avoir pour unique préoccupation de m’empêcher de découvrir que je suis l’héritier « de ce trésor qu’est la culture qui nous précède, murie pour nous pendant des millénaires par le travail des hommes marchant vers leur propre humanité« [2].

Ce sont les mêmes, secondés efficacement par des media au niveau zéro de la pensée, qui réduisent la culture à la provocation sexuelle: le sapin de Noël de la Place Vendôme, l’exposition d’Anish Kapoor dans les jardins de Versailles et le combat judiciaire de la ministre de la culture pour faire lever une interdiction aux moins de 18 ans ont marqué les 12 derniers mois et maintenu en dessous de la ceinture ce que nos beaux esprits appellent l’Art en ce début de XXIème siècle.

 C’est encore eux qui montrent du doigt ceux qui leur font l’affront d’avoir échappé à ce travail de destruction massive et d’être cultivés. Mort à la culture! Si jamais une partie de votre héritage a survécu, la lutte contre les stéréotypes et la théorie du genre jouera le rôle de Terminator, détruisant les repères véhiculés par le bon sens,  l’histoire, la littérature ou la langue.

Passant outre l’avis de l’académie française, le bureau de l’Assemblée Nationale n’ impose-t-il pas de féminiser les fonctions exercées par des femmes dans l’hémicycle. On doit dire Madame la ministre et non Madame le ministre, Madame la présidente et non Madame le président et ce sous peine de sanctions financières. Et de parler d’écrivaine, de professeure…A quand l’officière de la légion d’honneur?

Ces beaux esprits, toujours eux et c’est leur deuxième argument, vous expliquent que la culture est source d’inégalités. Et de confondre par pure idéologie égalité des chances et égalitarisme. Tous pareil! Finie la méritocratie! Nivellement! Tout ce qui permet d’être distingué doit être gommé. Au nom de l’égalité il faut tuer l’excellence.

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Est il possible d’échapper à ce politiquement correct ou somme nous condamnés à être des déshérités?

Pour s’en sortir il faut d’abord du caractère, ne pas avoir peur d’être le seul à dire que…à penser que…à faire telle ou telle chose. Il faut savoir aller à contre courant de la pensée unique et garder un esprit critique face aux tentatives permanentes de manipulation des lobbies relayées par les media .

Il faut aussi faire preuve d’humilité, accepter l’idée que les milliers d’années d’histoire de l’humanité ont beaucoup à nous apprendre, que les maîtres sont là pour nous enseigner le peu qu’ils savent et exciter notre curiosité sur l’immensité des choses qui restent à découvrir.

La curiosité est en effet la troisième qualité que nous devons développer chez chacun de nous comme chez nos enfants. Sans curiosité pas de découverte ni de volonté de comprendre. La curiosité rend l’apprentissage agréable. Les cours, la lecture, les conférences, les débats ne sont plus une corvée mais une façon de s’enrichir, une occasion de réfléchir, l’excitation du désir d’en savoir plus.

En résumé

« Si tu sais méditer, observer et connaître,

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,

Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,

Réfléchir et penser, sans n’être qu’un penseur,

….

Tu seras un homme mon fils« [3]

Et tu sauras transmettre!


[1] dans « Les déshérités ou l’urgence de transmettre » de François Xavier Bellamy chez Plon

[2] idem

[3] petit extrait de « Tu seras un homme mon fils » de Rudyard Kipling

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